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Pseudo: anneCatégorie: Journal IntimeDescription:
Adoption Ana
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Dimanche 11 Mai 2008

Très chers tous, désolée de ne pas vous avoir donné des nouvelles plus tôt mais je viens de passer des journées chargées et pénibles.

L'adoption d'une enfant de 9 ans qui a un passé aussi chargé qu' Ana n'est pas chose facile. Cela fait 3 jours qu'elle me mène une vie impossible, qu'elle me teste et j'avoue que même avec des trésors de patience cela est difficile à vivre seule ici à 8000 kms de chez moi. Ma fille a deux visages. Un joyeux à l'extérieur lorsqu'il y a du monde, et par contre seule avec moi, c'est une autre paire de manches. Bref, désolée de ne pas vous avoir donner des nouvelles mais le moral n'était pas au rendez-vous. Même si j'était préparée à être "testée" par ma fille je ne m'attendais pas à cela.

JOURNEE DU 7 MAI:

Premier réveil de ma fille. Elle a voulu dormir seule la première nuit, mais en plein milieu de nuit j'ai entendu un "me siente sola" et un petit corps est venu se coller contre moi. Au réveil, premiers câlins. Elle se met sur moi, me serre dans ses bras et me dit te quiero mucho. Deux ans de procédure oubliés en une seconde. Voilà la récompense de tant d'attente et d'espoir.

D'après ma fille, lorsque l'on se lève, on doit se laver les dents, se doucher, s'habiller et seulement après on a le droit de manger. Ordre bien établi, rituel du bienestar familial. Nous nous lavons donc les dents ensemble. Elle m'observe. Je brosse à droite, elle va à droite, je change de côté, elle aussi. On s'apprivoise...J'ai droit à des déclarations d'amour écrites sur la petite ardoise que je lui ai ramené. Elle la pose à côté de moi et s'échappe en courant.

Petit déjeuner. J'ai droit à des exclamations de bien-être chaque fois qu'elle met une cuillère de   céréales dans sa bouche. Je finis par lui demander si c'est la première fois qu'elle en mange...et c'est le cas...Le lendemain, elle sera tellement excitée à l'idée de manger une autre catégorie de céréales qu'elle avait  vu la veille, qu'elle sera levée dès 5 heures du matin...et oui...la maman aussi à 5 heures du mat...ça c'est beaucoups moins bon...

 La directrice du bienestar veut me voir ce matin. Je lui apporte les 20 kgs de vêtements d'enfants que vous avez eu la gentillesse de me donner.

Voyage en taxi, fenêtres et portes fermées à clées car on m'explique que l'on passe par un endroit dangereux. Olga et sa soeur avocate sont avec moi. Ma puce n'est pas bien dans le taxi. Elle a peur que je la ramène au bienestar. Elle est collée à moi,  le visage fermé alors qu'elle était si souriante le matin. La tête lui tourne. Elle demande à voir sa mère de substitution. L'avocate lui explique que cela n'est plus possible, que maintenant elle a une maman et que le travail de la mère de substitution est terminé.

 La directrice est finalement occupée, je vois l'assistante sociale qui me pose quelques questions, regarde mon comportement envers la petite, voit si ma fille va bien.

Retour à l'hotel.

Sortie avec ma fille pour aller manger des chispas con papas et salsa rojas (poulet frit et frites). Ensuite courses entre nanas. Bien sûr ma fille en profite pour rentrer dans un magasin de fringues. J'ai éclaté mon budget. Il faudrait tout lui acheter, pas un merci, et la tête en sortant car cela n'est pas suffisant. Bien sûr, dès le magasin suivant il lui faut autre chose. Ce qui fait qu'à un moment il faut bien dire non, et que j'ai le droit de me promener avec une petite fille qui boude. Petit souci, dans un magasin, elle reconnait un ami de la mère de substitution, ce qui me vaudra une scène en fin de journée...Gardons le meilleur pour la fin...

 Pour changer les idées à ma fille nous allons à la piscine. Celle de l'hôtel est en rénovation. Nous devons aller à une plus éloignée dans une finca. Un taxi est appelé par l'hotel, mon numéro de chambre noté, voyage portes fermées, finca fermée avec garde. Nous sommes seules ana et moi avec des hommes qui rénovent le domaine. La petite s'éclate à la piscine. Nous passons des moments de complicités. Cela est bon.

Retour à la chambre d'hotel pour un dîner bien mérité.

JOURNEE DU 8 MAI:

Les ennuis commencent. J'ai eu droit hier à une scène. Ma fille veut téléphoner à la mère de substitution et aller à une fête chez elle le 30 mai. Je n'ai pas le droit d'avoir de contact avec cette dernière, ordre du bienestar. Ma fille le sait. Elle me dit que le bienestar ne peut pas le savoir si je ne le dis pas. Je dis non...caprices...elle m'en veut...regard noir...oui, je sais, comme sa maman lorsqu'elle est en colère... Hier, caprices l'après-midi pendant les courses et caprice le soir... Ce matin, je n'ai pas droit aux câlins au réveil et c'est comme cela depuis. Elle me tient avec cela et me teste depuis toute la journée. Je craque et demande à Olga de passer la matinée avec elle.

Ma fille parle au taxi de sa mère de substitution. Elle a tenté avec le bienestar, avec Vivian l'avocate, avec moi, maintenant c'est avec pablito. Devant Olga, elle ne dit rien.

Olga crève l'abcès. Ma fille pleure, moi aussi. Je finis par lui demander si elle veut venir avec moi ou rester en Colombie. Elle veut venir avec moi. C'est déjà cela. La mère de substitution lui a dit que si elle n'était pas gentille avec sa maman, je ne la voudrais pas et je la ramenerai au bienestar. Ma fille me teste pour voir jusqu'où elle peut aller, si je vais crier ou la frapper.

Bonne matinée avec Olga mais dès le retour à l'appartement, ma princesse me fait caprices sur caprices, bêtises sur bêtises. J'essaie de tenir bon, j'essaie d'être zen mais cela est de plus en plus difficile. Elle jette les jouets que je viens de lui acheter pour voir s'ils se cassent; me crache la nourriture au sol, sur moi, sur ses vêtements neufs qu'elle barbouille également de feutre; ne met rien dans la poubelle, jette tout au sol pour voir si je nettoie et fait celle qui n'entend pas lorsque je lui parle. Je lui dis de ne pas faire quelque chose...bien sûr elle le fait...bref, je craque en fin de journée et lui explique que je ne suis pas contente avant de la mettre au lit. Bien sûr, je me doute que je n'aurai pas droit aux câlins le lendemain...Je ne dors pas de la nuit...à 4 heures je lis les documents de ma fille...elle a vécu avec sa mère de substitution depuis qu'elle a était ramenée par la police au bienestar; je comprend que c'est difficile pour elle, mais la barrière de la langue ne m'aide pas pour la rassurer et lui expliquer les choses...

publié par anne dans: ana-et-anne
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